lecture

Dimanche III de l’Avent – Année A

« Es-tu celui qui doit venir,
ou devons-nous en attendre un autre ? »
Mt 11, 3

Nous continuons notre marche vers Noël, accompagnés depuis la semaine dernière par Jean-Baptiste. Désormais à mi-chemin, l’Église nous invite à persévérer dans ce temps sobre et austère de l’Avent en intitulant cette messe « Gaudete », appellation prise de l’antienne d’ouverture : « Soyez dans la joie… » (Ph 4, 4) Pourquoi cet appel à la persévérance joyeuse ? Tout simplement parce que l’issue du chemin va être la naissance de Jésus, qui réjouit déjà notre âme ; nous relisons les merveilleuses prophéties d’Isaïe avec enthousiasme : « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! » (Is 35, 1, première lecture.) Il y a donc bien un désert, et notre marche est parfois éprouvante dans l’aridité de la souffrance. C’est ce qu’a expérimenté Jean-Baptiste, le Précurseur. Dans les ténèbres de sa prison, il se demande si Jésus est bien le Messie annoncé par les Prophètes, qui devait instaurer une ère nouvelle de paix et de joie, par la victoire sur toutes les formes de mal (cf. Mt 11). L’Avent se déploie pendant ces semaines comme une grande aurore : un arrachement aux ténèbres qui exige un effort, alors que la lumière pointe déjà à l’horizon et polarise tout notre désir.

En ce troisième dimanche de l’Avent, les lectures se réfèrent par trois fois aux œuvres du Seigneur qui « ouvre les yeux des aveugles et les oreilles des sourds ». Isaïe a l’intuition de cette intervention future, il la désire depuis le fond des ténèbres de l’histoire (cf. Is 35) ; le Psaume 146 chante ces actions merveilleuses qui se déploient aux yeux du croyant ; Jésus les met en œuvre, littéralement par ses miracles et spirituellement par l’éducation de ses disciples (cf. Mt 11). Et nous, les voyons-nous s’accomplir aujourd’hui ? Dans notre méditation, nous partirons de l’attitude exigeante de Jean-Baptiste, pour ne pas accepter les réponses trop faciles aux vraies interrogations. Puis nous verrons comment Jésus nous répond surtout par son Mystère pascal. Les prophéties, en définitive, s’accomplissent pleinement par la Miséricorde divine qui se déploie dans nos vies.

Les actions merveilleuses du Seigneur en faveur de son Peuple, à la fois très concrètes et libératrices : voici le thème qui anime toutes les lectures du jour, depuis la jubilation d’Isaïe qui les annonce à Israël comme une aurore dénouant les angoisses de la nuit, jusqu’à l’invitation à la patience que saint Jacques adresse à la communauté chrétienne. Le Psaume 146 chante ces actions avec lyrisme, et elles sont au cœur du dialogue entre Jean-Baptiste et Jésus : le Messie manifeste clairement son identité en accomplissant plusieurs oracles de l’Ancienne Alliance.

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De l’intransigeance à la Miséricorde

L’évangile nous invite à rejoindre Jean-Baptiste dans sa prison. Il se trouve probablement à Machéronte, l’une des forteresses construites par Hérode le Grand sur la mer Morte, où son fils Hérode Antipas a établi l’un de ses palais pour régner sur la Pérée. La tradition nous indique en effet ce lieu pour la décapitation du Précurseur ; nous pouvons en écouter la description romancée de Flaubert :

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  • Carl Heinrich Bloch Sermon on the mount