Lectio Divina

Fête de l’Épiphanie

La lumière du Christ resplendit

« Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie. »

Mt 2, 10

L’Église célèbre ce dimanche la manifestation de Jésus : la lumière du Christ brille sur toutes les nations, au-delà d’Israël, pour apporter le Salut au monde. Elles sont représentées par les Mages d’Orient venus à Bethléem (cf. Mt 2). Saint Paul contemple ce mystère (cf. Ep 3), qu’Isaïe avait déjà entrevu : les nations païennes marchent vers la lumière de Jérusalem (cf. Is 60). Le Père céleste ne pouvait pas laisser dans l’obscurité la naissance selon l’humanité de son Verbe éternel : sous l’apparence d’un nouveau-né d’une humble famille, c’est Dieu lui-même qui se fait présent au milieu de nous ; l’Esprit Saint orchestre donc une adoration qui se veut universelle.

Les Mages sont guidés par l’étoile vers la Lumière cachée qui est le Christ : nous aussi, laissons de côté les ténèbres pour l’accueillir. Dieu semble jouer à se cacher dans le petit enfant de la crèche : c’est par la foi que nous le reconnaissons ; il nous offre pour cela de multiples signes, qu’il nous faut chercher dans notre vie. Par la méditation de la liturgie, laissons la Parole nous indiquer le chemin, comme jadis les signes cosmiques aux mages dociles, en suivant l’invitation de Benoît XVI :

« Chers frères et sœurs, laissons-nous guider par l’étoile, qui est la Parole de Dieu, suivons-la dans notre vie, en marchant avec l’Église, où la Parole a planté sa tente. Notre route sera toujours illuminée par une lumière qu’aucun autre signe ne peut nous donner. Et nous pourrons nous aussi devenir des étoiles pour les autres, reflet de cette lumière que le Christ a fait resplendir sur nous. »1

À l’écoute de la Parole

Le choix des lectures s’explique facilement par le thème de l’évangile, la révélation du Messie aux nations païennes (cf. Mt 2). L’apparition d’une étoile attire des Mages d’Orient à Jérusalem, à la recherche du roi des Juifs, mais les conduit finalement à Bethléem, auprès d’un enfant immergé dans la modestie d’une famille apparemment ordinaire. Ils viennent se prosterner devant lui, en un acte d’adoration qui constitue les prémices de la vénération religieuse que toute l’humanité, au long des siècles, offrira au Christ.

⇒ Voir l’explication détaillée

Méditation: Cheminer des ténèbres à la Lumière

Toute la liturgie de ce jour nous invite à nous mettre en chemin : le Dieu caché qui daigne se manifester aux nations provoque en nous un réveil spirituel et notre âme cherche à le rejoindre, comme jadis les Mages sur les routes d’orient (premier thème de notre méditation). Itinéraire de foi… Bien des obstacles se présentent, qui pourraient nous empêcher d’accueillir pleinement la lumière du Christ (second thème) ; mais de multiples signes nous sont donnés par l’Enfant qui nous attire irrésistiblement (troisième thème).

⇒ Voir la méditation complète

Pour aller plus loin

Les chercheurs continuent à s’interroger sur le phénomène astronomique – comète ou conjonction de planètes – qui a pu se produire à l’époque du Christ et que les Mages ont pu observer. La question serait à poser aux jésuites, depuis longtemps engagés dans l’astronomie: voir le site officiel de l’observatoire du Vatican (Specola vaticana), qu’ils ont construit et continuent d’animer.

Profitons aussi de l’occasion pour réfléchir sur le rôle des miracles dans la formation de notre foi. Est-elle un saut irrationnel dans l’inconnu, ou bien est-elle basée sur des signes ? Un passage du Catéchisme, intitulé «la foi et l’intelligence» (nº156-159), éclaire cette question. En voici un extrait:

«Les miracles du Christ et des saints, les prophéties, la propagation et la sainteté de l’Église, sa fécondité et sa stabilité sont des signes certains de la Révélation, adaptés à l’intelligence de tous, des ‘motifs de crédibilité’ qui montrent que l’assentiment de la foi n’est ‘nullement un mouvement aveugle de l’esprit’ (Concile Vatican I).»

  • 1. Pape Benoît XVI, Homélie en la solennité de l’Épiphanie du Seigneur, 6 janvier 2011.