Lectio Divina

Méditation

Gravir la montagne avec les disciples

Prenons le chemin du Thabor, en compagnie de Pierre, Jacques et Jean, et demandons d’accueillir cette expérience très particulière que Jésus a réservée à ces trois disciples. Elle nous a été relatée pour fortifier notre foi et éclairer notre compréhension. Pourquoi Jésus les emmène-t-il sur une haute montagne, à l’écart ? Il veut leur révéler sa gloire, c’est-à-dire la pleine réalité de sa personne, normalement inaccessible aux yeux humains, parce qu’il sait que la Croix arrive. Leur ascension est la nôtre et nous pouvons appliquer la page d’évangile de ce dimanche à notre vie spirituelle.

Écoutons, tout d’abord, le pape saint Léon le Grand nous indiquer la juste perspective théologique :

« Le Seigneur découvre donc sa gloire en présence de témoins choisis et il éclaire d’une telle splendeur cette forme corporelle qui lui est commune avec tous que son visage devient semblable à l’éclat du soleil en même temps que son vêtement est comparable à la blancheur des neiges. Sans doute cette transfiguration avait surtout pour but d’ôter du cœur des disciples le scandale de la Croix, afin que l’humilité de la passion volontairement subie ne troublât pas la foi de ceux à qui aurait été révélée l’excellence de la dignité cachée. Mais, par une égale prévoyance, il donnait du même coup un fondement à l’espérance de la sainte Église, en sorte que tout le corps du Christ connût de quelle transformation il serait gratifié, et que les membres se promissent pour eux-mêmes de participer à l’honneur qui avait resplendi dans la tête. À ce sujet, le Seigneur lui-même avait dit, parlant de la majesté de son avènement : “Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père” (Mt 13, 43) [1] . »

Le but de la Transfiguration est donc clair : faire naître et grandir les vertus théologales des disciples, les faire cheminer dans la foi au Fils de Dieu, dans l’espérance de la gloire à venir et dans l’amour pour celui que le Père leur donne comme « l’image du Dieu invisible » (Col 1, 15).

Les textes de ce jour nous invitent à l’aventure spirituelle, à travers le dépouillement, puis la découverte du visage du Seigneur. Une première question s’impose : sommes-nous prêts à cette aventure, à nous hisser vers les réalités d’en-haut et à nous laisser envahir entièrement par cette lumière ? Ne préférons-nous pas très souvent que le Christ nous éclaire à la marge, d’une lumière tamisée et non aveuglante ? Pour beaucoup, le Christ reste un simple guide, un maître de vie… Or, il est beaucoup plus : le Seigneur de gloire. Mais sa gloire, lorsqu’elle paraît, envahit toute chose et peut nous effrayer dans un premier temps. Qu’en est-il pour nous ?

Dépouillement et épreuve de la foi

Essayons d’appliquer les enseignements du passage de la Genèse à notre vie spirituelle : il nous montre la nécessité du détachement et la purification des relations humaines, à travers la foi en Dieu. Saint Thomas More, père de famille, saint et martyr, a trouvé en Abraham une attitude à suivre ; lui-même a vécu, dans des circonstances dramatiques, ce qu’il écrivait :

« Alors, apprenons à aimer en tout temps, comme nous devrions aimer : Dieu par-dessus toute chose, et toutes les autres choses à cause de lui. Car tout amour qui ne se rapporte pas à cette fin, c’est-à-dire à la volonté de Dieu, est un amour tout à fait vain et stérile. Tout amour que nous portons à une créature quelconque et qui affaiblit notre amour envers Dieu est un amour détestable et un obstacle à notre marche vers le ciel. Dans l’amour que vous portez à vos enfants, que votre tendresse ne vous empêche jamais, au cas où Dieu vous le commanderait, d’être prêt à en faire le sacrifice, comme Abraham était prêt à sacrifier son fils Isaac. Et puisque Dieu ne le fera pas, offrez votre enfant au service de Dieu d’une autre façon. Car tout ce que nous aimons et qui nous fait enfreindre un commandement divin, si nous l’aimons plus que Dieu, c’est un amour mortel et condamnable [2] . »

Sans l’épreuve de Genèse 22, Abraham aurait été tenté de se focaliser humainement sur Isaac, d’en faire le centre de son existence personnelle, alors que sur lui reposaient les promesses du Seigneur. Or, Dieu est « jaloux », il ne veut pas d’idolâtrie, mais désire la première place dans nos cœurs, non pour les rendre prisonniers, mais parce que lui seul peut les combler : il éprouve Abraham pour le détacher et lui apprendre à aimer vraiment son fils et son Dieu. Nous vivons parfois ces moments difficiles dans la vie spirituelle où le Seigneur nous arrache ce qui nous semble le meilleur, pour nous attacher à lui. Un auteur franciscain nous l’explique merveilleusement en faisant parler saint François :

« Pour suivre l’appel de Dieu, l’homme se donne à fond à une œuvre. Il le fait passionnément et dans l’enthousiasme. Cela est bon et nécessaire. Seul l’enthousiasme est créateur. Mais créer quelque chose, c’est aussi la marquer de son empreinte, la faire sienne, inévitablement. Le serviteur de Dieu court alors son plus grand danger. Cette œuvre qu’il a accomplie, dans la mesure où il s’y attache, devient pour lui le centre du monde ; elle le met dans un état d’indisponibilité radicale. Il faudra une effraction pour l’en arracher. Grâce à Dieu, une telle effraction peut se produire. Mais les moyens providentiels mis alors en œuvre sont redoutables. Ce sont l’incompréhension, la contradiction, la souffrance, l’échec. Et parfois jusqu’au péché lui-même que Dieu permet. La vie de foi connaît alors sa crise la plus profonde, la plus décisive aussi. Cette crise est inévitable. Elle se présente tôt ou tard et dans tous les états de vie. L’homme s’est consacré à fond à son œuvre ; et il a cru rendre gloire à Dieu par sa générosité. Et voici que tout à coup Dieu semble le laisser à lui-même, ne pas s’intéresser à ce qu’il fait. Bien plus, Dieu semble lui demander de renoncer à son œuvre, d’abandonner ce à quoi il s’est dévoué corps et âme durant tant d’années dans la joie et dans la peine. “Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, et va-t’en au pays de Moria, et là, offre-le en holocauste…” [3] »

Nous pouvons nous demander, à notre tour, qui est pour nous le fils unique, « celui que nous aimons », celui que nous ne voulons pas sacrifier. Ce peut être un lien affectif, même légitime, qui empêche la pleine réalisation du plan de Dieu sur nos personnes ; un enfant dont nous refusons le chemin particulier ; un mariage qui a mal tourné et dont nous ne supportons pas l’échec ; l’exil de notre patrie, les revers de fortune, un échec professionnel, ou bien une charge, une mission, notre renommée, nos biens matériels ou intellectuels, nos conditions de vie, notre santé… Au soir de nos existences, ce sera notre vie biologique elle-même qu’il faudra rendre, afin que se réalise en nous quelque chose de plus grand, la vie éternelle et l’union à Dieu.

Il arrive aussi que nous soyons frappés par des épreuves terribles que nous percevons comme des sacrifices cruels imposés par Dieu, à qui nous avons du mal à pardonner car nous souffrons trop… Le Seigneur semble se contredire. C’est souvent le cas lors de la perte insoutenable d’un proche – en particulier d’un enfant. Dieu souffre alors avec nous. Le texte de la Genèse nous dit clairement qu’un tel sacrifice n’est pas voulu par Dieu, qu’il est la conséquence du mal introduit dans le monde ; même s’il se produit, Dieu garde la maîtrise finale de toute chose. Nous sommes alors invités, comme Abraham, à lever dès maintenant les yeux vers le ciel, vers une autre réalité, celle de l’accomplissement parfait de la Promesse dans la vie éternelle. Dieu nous demande de croire, si nous le pouvons, que l’être aimé ne nous est pas arraché puisqu’il nous reste uni dans l’amour de Dieu, qu’il nous sera rendu pour quelque chose de plus grand car Dieu n’annule jamais les dons qu’il nous fait. Il nous dit également qu’il va, dès cette vie, nous bénir tout particulièrement en raison de cette épreuve incompréhensible à vue humaine.

Contempler dans la nuit

Face à un événement aussi déroutant que la Transfiguration, l’attitude de Pierre est révélatrice : il ne comprend rien et fait une proposition inadaptée. Marc le souligne : « Il ne savait que répondre. » (Mc 9, 6) Un peu auparavant, Jésus dénonçait son attitude trop humaine de rejet de la Passion : « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu » (Mc 8, 33) ; un peu après, Pierre partagera la perplexité de ses compagnons qui « se demandaient entre eux ce que signifiait “ressusciter d’entre les morts” » (9, 10). Lenteur de l’esprit humain à entrer dans la foi et difficulté toute naturelle à suivre la logique divine.

Étonnamment, Jésus ne cherche pas à dissiper son ignorance, bien au contraire : dans son explication en descendant de la montagne, il le laisse encore plus perplexe, avec cette fameuse expression « ressusciter d’entre les morts ». En ce sens, Pierre ressemble à Abraham, qui obéit dans la nuit de la foi, sans pouvoir trouver d’explication. Pourtant, la nuit est vraiment lumineuse pour Pierre, puisqu’il voit Jésus transfiguré et qu’il entend la voix du Père. Excès de lumière qui conduit à la cécité ? C’est ce que nous explique saint Jean de la Croix, lorsqu’il nous introduit à la « montée du Carmel », l’ascension spirituelle :

« [La foi] nous fait croire des vérités révélées par Dieu même qui sont au-dessus de toute lumière naturelle et excèdent incomparablement la portée de tout entendement humain. De là vient que cette lumière de foi est pour l’âme comme une obscurité profonde parce que le plus absorbe le moins et lui est supérieur. La lumière du soleil éclipse toutes les autres lumières, celles-ci ne paraissent plus quand celle-là brille et s’impose à notre puissance visuelle ; aussi son éclat, au lieu de favoriser la vue, éblouit plutôt parce qu’il est excessif et trop disproportionné avec la puissance visuelle. Ainsi en est-il de la foi : sa lumière, par son excès, opprime et éblouit la lumière de notre entendement ; de lui-même il ne s’étend qu’à la science purement naturelle, bien qu’il ait une aptitude pour l’acte surnaturel quand il plaira à Notre-Seigneur de l’y élever [4] … »

Lorsque le récit du sacrifice d’Isaac arrive à son dénouement, Abraham sort de l’obscurité de la foi pour recevoir une nouvelle révélation divine : ce sont les mêmes verbes qui reviennent, puisqu’il entend par deux fois la voix de l’ange (Gn 22, 11.15), et qu’il « lève les yeux et voit un bélier » (Gn 22, 13). Cette coïncidence n’est pas fortuite : voir et entendre sont les verbes-clés de la contemplation, par laquelle nous tendons à voir le Père et à entendre sa volonté, à travers Jésus, visage du Père et irradiation de sa gloire.

La nouvelle vue d’Abraham, acquise par la souffrance, préfigure la vision par la foi, qui requiert une véritable nuit de l’intelligence spirituelle. Ce n’est alors plus seulement l’intelligence qui perçoit la vérité, mais le cœur. L’intelligence n’a plus part à la connaissance intellectuelle de Dieu, qui se fait alors directement. La méditation – qui fait intervenir l’intelligence – cède la place à la contemplation où le cœur atteint intuitivement les réalités de foi.

Les réactions finales de Pierre et d’Abraham sont similaires : l’Apôtre est saisi par une grande paix et voudrait la retenir : « Il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes… » (Mc 9, 5), tandis que le Patriarche oublie les affres du chemin et reçoit la fécondité divine : « une postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel » (Gn 22, 17). Puis il offre en sacrifice le bélier, dans le même mouvement spirituel que le Psaume 116 de la messe : « Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. » (v. 17)

Ces itinéraires de deux géants de la foi nous montrent comment entrer dans la contemplation : l’adoration jaillit dans leur cœur, après l’épreuve et la manifestation de Dieu pour Abraham, au sein de la nuée glorieuse pour Pierre, tout simplement parce que « Dieu est Dieu », et qu’ils ont perçu quelque chose de sa grandeur et de sa beauté. Il a subjugué leur liberté et les a amenés à un acte d’adoration gratuite. Péguy a chanté cette attitude libre et adoratrice de l’homme, en faisant parler poétiquement Dieu lui-même :

« Comme leur liberté a été créée à l’image et à la ressemblance de ma liberté, dit Dieu, / Comme leur liberté est le reflet de ma liberté, / Ainsi j’aime à trouver en eux comme une certaine gratuité Qui soit comme un reflet de la gratuité de ma grâce, / Qui soit comme créée à l’image et à la ressemblance de la gratuité de ma grâce. / J’aime qu’en ce sens ils prient non seulement librement mais comme gratuitement. / J’aime qu’ils tombent à genoux non seulement librement mais comme gratuitement. / J’aime qu’ils se donnent et qu’ils donnent leur cœur et qu’ils se remettent et qu’ils s’apportent et qu’ils estiment non seulement librement mais comme gratuitement. / J’aime qu’ils aiment enfin, dit Dieu, non seulement librement mais comme gratuitement [5] . »

Invitation à la contemplation, donc : c’est le Père lui-même qui nous attire, lorsque nous l’entendons dire sur le Thabor : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. » (Mc 9, 7) Commentant ces paroles, le pape Benoît XVI nous invite à vivre le Carême comme un temps d’écoute de l’Écriture :

« Ces paroles [du Père] nous invitent à quitter la rumeur du quotidien pour nous plonger dans la présence de Dieu : Il veut nous transmettre chaque jour une Parole qui nous pénètre au plus profond de l’esprit, là où elle discerne le bien et le mal et affermit notre volonté de suivre le Seigneur [6] . »

Si nous n’allons pas à l’écart et ne gravissons pas le Thabor, le Seigneur ne pourra pas se révéler à nous. Prenons donc toujours plus le temps de la prière, en particulier de cette prière gratuite où, cessant de demander et de parler, nous attendons tranquillement tout de Dieu. Peu à peu – ce peut aussi être subitement, même si cela est plus rare – la grandeur et la gloire du Christ vont se révéler à nous et nous émerveiller ; nous rechercherons de plus en plus ces moments d’union avec sa divinité…

Nouvelle fécondité

L’épreuve, qui s’apparente à une mort, est aussi la condition et le gage d’une nouvelle fécondité : Abraham devient, par Isaac, le père d’une multitude, de même que saint François, après l’épreuve terrible de la division de son ordre, devient véritablement « notre père François », suivi par des générations de religieux au long des siècles. Ce fut aussi le cas de Jean de la Croix : après avoir réalisé la réforme du Carmel avec Thérèse d’Avila, il est arrêté, à l’instigation des Carmes non-réformés, puis confiné dans un cachot où il souffre physiquement du froid, de la faim et des violences des geôliers… Il se voit refuser la lecture de la Bible et est incité à renier la réforme qu’il a conduite. Il en tirera ses plus beaux poèmes et pages mystiques, avant d’être réhabilité de son vivant ; il deviendra l’un des plus grands maîtres de spiritualité de tous les temps.

De l’épreuve à la fécondité : c’est le mouvement même du psaume que nous avons chanté à la messe, qui passe de l’épreuve à l’action de grâce « devant tout le peuple » (v. 18). Comme nous l’explique le pape Benoît XVI :

« Le Psaume, toujours à travers les paroles de l’orant, se termine en évoquant à nouveau le rite d’action de grâce qui sera célébré dans le cadre du temple (cf. v. 17-19). Sa prière se placera ainsi à un niveau communautaire. Son histoire personnelle est racontée afin qu’elle constitue pour tous une incitation à croire et à aimer le Seigneur. En toile de fond, nous pouvons donc apercevoir le peuple de Dieu tout entier alors qu’il rend grâce au Seigneur de la vie, qui n’abandonne pas le juste dans l’abîme obscur de la douleur et de la mort, mais le guide vers l’espérance et la vie [7] . »

Nouvelle fécondité, donc, qui est la conséquence et le fruit de l’épreuve de la foi. Lors de la Transfiguration, les disciples ne sont pas conscients de la grandeur du mystère, comme nous-mêmes peinons à voir, au sein de l’épreuve, les semences de vie que le Seigneur dépose dans nos âmes.

Cela se reflète dans les expressions choisies par l’évangéliste Marc : « Une nuée les couvrit [νεφέλη ἐπισκιάζουσαnéfélé épiskiazousa] de son ombre » (Mc 9, 7), qui est similaire à celle employée par Luc lors de l’Incarnation : « La puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre [δύναμις ὑψίστου ἐπισκιάσει σοι, dunamis upsistou épiskiasei soi]. » (Lc 1, 35) Elle renvoie également à la « nuée » de la gloire divine dans l’Exode qui couvre la Tente de la Rencontre (Ex 40, 35). Le message est clair : le Dieu de la vie ne cesse de bénir et de rendre fécond son peuple.

La bienheureuse Conchita Cabrera († 1937) reçut de Jésus une révélation sur la fécondité des prêtres qui reprend cette image :

« L’ombre qui a enveloppé Marie lors de l’Incarnation est la même que celle qui enveloppe le prêtre à la messe. Qui songe à cette ombre féconde du Père qui engendre éternellement et constamment son Verbe et, en lui et par lui, tout ce qui est, a été et sera ? Qui songe à le remercier pour les grâces et mérites de ce même Verbe ? Ma fille, je désire que mes prêtres pensent à cette ombre féconde du Père, qui les enveloppe depuis toute éternité pour leur communiquer le germe de la fécondité sainte et virginale de la Trinité et aussi qu’ils comprennent qu’ils doivent reproduire en eux l’image même de Dieu […]. Dis aux prêtres de penser à cette ombre bénie qui les couvre plus que toutes les autres âmes. Dis-leur que c’est une ombre de lumière, de pureté et que c’est celle de la tendresse de l’Esprit Saint [8] . »

En marche vers Pâques, aux côtés de Jésus qui monte à Jérusalem, nous sommes en même temps compagnons d’Abraham et nous reprenons cette exclamation de Paul (dans la seconde lecture) qui nous ouvre à une espérance sans limite :

« Que dire après cela ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ? » (Rm 8, 31-32)

Saint John Henry Newman commentait ainsi ces paroles de Paul, qui peuvent nous aider à conclure notre méditation :

« S’Il est au milieu de nous, qui nous repoussera ? Si le Christ est mort et ressuscité, quelle mort peut nous atteindre, bien que nous ayons à mourir chaque jour ? Quelle douleur, souffrance, humiliation ou épreuve qui ne se termine comme les siennes par une résurrection perpétuelle dans le monde nouveau, et par une approche incessante vers lui ? Il a donné sa bénédiction à ses apôtres, et ils l’ont répandue sur toute la surface de la terre jusqu’à ce jour. La voici : “Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix ; je ne vous la donne pas comme le monde vous la donne” (Jn 14, 27) ; “Dans le monde, vous aurez des tribulations, mais courage, j’ai vaincu le monde !” (Jn 16, 33.) [9] »

 


[1] Saint Léon le Grand, Sermons, tome III (38-64), nº 38, coll. « Sources chrétiennes » n° 74, Cerf, 1976, p. 17.

[2] . Saint Thomas More († 1535), Traité sur la Passion. Le Christ les aima jusqu’au bout, homélie 1.

[3] . É. Leclerc, Sagesse d’un pauvre, DDB, 1991, p. 123-124.

[4] . Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel, livre II, chap. 2.

[5] . C. Péguy, Les saints innocents, dans Œuvres poétiques complètes, coll. « La Pléiade », Gallimard, 1941, p. 720-721.

[6] . Pape Benoît XVI, Message pour le Carême 2011.

[7] . Pape Benoît XVI, Audience Générale, 25 mai 2005.

[8] . J. Guttierez Gonzalez, Conchita Cabrera de Armida : au cœur du mystère eucharistique, coll. « Saints du monde », Téqui, 2004.

[9] . J. H. Newman, Pensées sur l’Église, Cerf, 1956, p. 301.