Lectio Divina

Méditation: Suivre les étoiles pour rencontrer le Christ

Les Mages sont en voyage vers Jérusalem: ils sont animés par un désir profond de rencontrer le Seigneur, le même désir qui habite tout homme et qui fait de lui un «chercheur de Dieu» (1). Mais la lumière peut être étouffée par les ténèbres, comme la ville de Jérusalem sous l’emprise d’Hérode (2). Pourquoi Dieu se cache-t-il si souvent, pourquoi cette longue quête vers lui? (3) Enfin, nous recevons du Seigneur une multitude de signes: à nous de savoir les recevoir (4).

«Lumen requirunt lumine»: le désir de Dieu

«À la vue de l’astre, ils se réjouirent d’une très grande joie» (Mt 2,10): l’évangéliste ne nous explique pas la raison précise de cette joie des Mages. L’étoile avait-elle cessé de briller, et s’étaient-ils perdus? Avaient-ils eu peur des ténèbres épaisses et menaçantes qui régnaient dans le palais d’Hérode, ce roi corrompu? Ou bien est-ce la simple joie d’avoir enfin trouvé ce qu’ils avaient longtemps cherché? En réalité, l’étoile reflète surtout la lumière qui habite leur cœur, elle symbolise cette recherche du Sauveur, le désir de Dieu. Elle mène à la rencontre avec celui qui est la source de toute joie. Une hymne liturgique de l’épiphanie exprime cela en trois simples mots: «Lumen requirunt lumine»: les Mages cherchent la Lumière à l’aide d’une lumière[1]. Le catéchisme exprime ainsi cette lumière intérieure qu’est le désir de Dieu:

«Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu; Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher.»[2]

Le pape Benoît XVI voit ce désir à l’œuvre chez les Mages dont il nous offre ce beau portrait:

«Les hommes qui partirent alors vers l’inconnu étaient, en tout cas, des hommes au cœur inquiet. Des hommes poussés par la recherche inquiète de Dieu et du salut du monde. Des hommes en attente qui ne se contentaient pas de leur revenu assuré et de leur position sociale peut-être reconnue. Ils étaient à la recherche de la réalité la plus grande. Ils étaient peut-être des hommes instruits qui avaient une grande connaissance des astres et qui probablement disposaient aussi d’une formation philosophique. Mais, ils ne voulaient pas seulement savoir beaucoup de choses. Ils voulaient savoir surtout l’essentiel. […] Ils étaient des hommes qui cherchaient Dieu et, en définitive, ils étaient en marche vers lui. Ils étaient des chercheurs de Dieu.»[3]

Sommes-nous comme les Mages? Notre désir de Dieu se maintient-il vivant et dérangeant, ou sommes-nous plutôt repus et bien installés? Si nous ne sentons plus ce désir fondamental, demandons-le dans la prière; travaillons à nous défaire de ce qui nous tient lieu de vérité, de ce roi usurpateur qui, comme Hérode à Jérusalem, prend dans nos cœurs la place de Dieu. Si, en revanche, nous ressentons ce désir, demandons-nous si nous sommes vraiment en marche, ou si, comme le clergé de Jérusalem, la présence du Roi des rois à nos portes ne nous met plus en mouvement. Reprenons la route, encore une fois.

Si, enfin, nous marchons à la clarté d’une étoile, sachons, comme les Mages, nous réjouir et rendre grâce lorsqu’elle brille plus intensément: dans la prière, dans la méditation ou l’étude, ou encore dans le service des frères. Autant d’étoiles qui nous indiquent la présence du Seigneur.

La Lumière qui brille dans les ténèbres

La ville de Jérusalem, aux mains du tyran Hérode, ne se réjouit pas… La peur, l’attachement au pouvoir avec ses privilèges et sa corruption, l’empêchent de participer à ce mouvement universel vers la joie. Benoît XVI l’explique ainsi:

«Celui qui n’a pas reconnu [le Christ], c’est Hérode, qui ne comprit rien quand on lui parla de l’enfant mais qui se laissa aveugler par sa soif de pouvoir et la folie de persécution qu’elle entraine. Celui qui ne le reconnut pas, ce furent les docteurs, les biblistes, les spécialistes de l’herméneutique qui connaissaient précisément le passage de la Bible et cependant ne comprenaient rien […]. Mais qu’en est-il de nous? Sommes-nous si éloignés de l’étable parce que nous sommes trop raffinés et trop intelligents pour cela ? […] Ne sommes-nous pas trop enfermés à «Jérusalem», au palais, en nous, dans notre superbe, ou dans notre peur de la persécution ?»[4]

Des ténèbres épaisses, celles du péché et du refus de Dieu, maintiennent l’humanité aveugle, et inconsciente de son propre aveuglement, ce que saint Jean décrira dans son Prologue: «Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde; il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu…» (Jn 1,9-10). Le pape François décrit ainsi ces ténèbres:

«Hérode se montre soupçonneux et préoccupé par la naissance d’un Enfant fragile qu’il ressent comme un rival. […] Le roi et ses conseillers sentent craquer les structures de leur pouvoir, ils craignent que soient retournées les règles du jeu, démasquées les apparences. Tout un monde édifié sur la domination, sur le succès et sur l’avoir, sur la corruption, est remis en cause par un Enfant.»[5]

Mystère du mal, de la résistance à Dieu: un mystère d’iniquité qui n’est pas réservé aux «grands pécheurs», mais qui traverse le cœur de chacun d’entre nous. Mystère des ténèbres intérieures qui peuvent nous maintenir sous l’emprise d’Hérode et nous empêcher d’accueillir la vraie joie, d’aller vers Jésus. Ténèbres intérieures qui peuvent faire de nous un obstacle entre nos frères et Dieu. De quelle lumière brillons-nous et quel témoignage de Dieu donnons-nous à ceux qui ne sont pas issus de la foi chrétienne, et qui viennent auprès de nous chercher confusément un signe de sa présence? Nos paroles et nos actes leur indiquent-ils la route?

Les Mages qui étaient, comme Hérode, membres de l’élite de leur temps et issus d’une civilisation autrement plus brillante que celle du modeste royaume de Juda, se mirent à la recherche de ce roi étranger. Mieux encore, ayant trouvé un enfant au lieu d’un roi, ils ne furent ni déconcertés ni déçus mais «tombèrent à genoux devant lui». Leur cheminement intérieur est plus admirable encore que leur long périple à travers l’Orient. Pour reconnaître le Sauveur, une seule voie donc: acquérir un cœur humble et ouvert à la vérité, qui se laisse mener par la beauté d’une étoile, et qui soit capable d’adorer.

Les fidèles de Jérusalem étaient très proches, géographiquement et culturellement, de l’Enfant Jésus; mais ce sont des étrangers, venus de loin, qui l’ont honoré. Ne courrons-nous pas le même risque, habitués que nous sommes à la proximité de Jésus, alors que les ténèbres peuvent grandir dans notre cœur? Il nous faut supplier de ne pas perdre l’étoile en chemin, comme le faisait humblement le Padre Pio:

«Parce qu'il se fait tard et que le jour décline, la vie passe, la mort, le jugement, l'éternité approchent. Je crains les ténèbres, les tentations, les sécheresses, les croix, les peines. Oh! Combien j'ai besoin de Vous dans cette nuit de l'exil! Que la Communion eucharistique soit la lumière qui dissipe les ténèbres, la force qui me soutienne, et l'unique joie de mon cœur. Restez avec moi, Jésus!»[6]

Le Dieu caché

Les lectures de ce dimanche s’inscrivent toutes dans une même dynamique: le jeu entre une réalité cachée et son dévoilement par la foi. La conversion des païens est ainsi pour saint Paul un mystère qui est demeuré longtemps voilé mais qui «vient d’être révélé maintenant à ses saints apôtres et prophètes, dans l’Esprit» (Ep 3,5). De même, la Jérusalem décrite par Isaïe est comme une ville enfouie dans la nuit de l’histoire, que les rayons du matin – la gloire du Seigneur – viennent illuminer. Matthieu joue aussi avec cette opposition: l’étoile apparaît et disparaît; la présence du vrai Roi est cachée au tyran qu’est Hérode mais dévoilée aux Mages. Ce thème parcourt, en fait, toute l’histoire du Salut: Dieu se révèle, mais il demeure un Dieu caché (Is 45,15). Pascal a bien saisi la raison de cette profonde réalité:

«Si Dieu se découvrait continuellement aux hommes, il n’y aurait point de mérite à le croire; et, s’il ne se découvrait jamais, il y aurait peu de foi. Mais il se cache ordinairement, et se découvre rarement à ceux qu’il veut engager dans son service.»[7]

La fête de l’Épiphanie est une des expressions culminantes de ce paradoxe: Dieu choisit de s’incarner dans une famille humble et cachée, loin du bruit du monde, dans le petit village de Nazareth. Le réalisme de son Incarnation est une façon de «cacher» sa divinité derrière son humanité. Le pape François l’exprime avec ce terme de périphérie qu’il aime tant:

«L’Évangile de saint Luc nous présente Marie, une jeune fille de Nazareth, petite localité de la Galilée, à la périphérie de l’empire romain, et aussi à la périphérie d’Israël. Un petit village. Et pourtant, c’est sur elle, cette jeune fille de ce petit village lointain, c’est sur elle que s’est posé le regard du Seigneur, qui l’a choisie pour être la mère de son Fils.»[8]

Par contraste, la fête de ce jour révèle non plus seulement un enfant mais un roi; et plus qu’un roi, la présence de Dieu même dont le règne est destiné à s’étendre aux nations païennes les plus lointaines, représentées par les Mages. Saint Léon décrit ainsi le contraste:

«Sans doute [Dieu] avait-il choisi le peuple d’Israël et, dans ce peuple, une famille, pour y prendre la nature commune à toute l’humanité; cependant il ne voulut pas borner aux étroites limites de la maison maternelle les prémices de son avènement; il voulut aussitôt se faire connaître à tous, lui qui daignait naître pour tous.»[9]

 C’est bien ce cheminement de la foi et ce passage de la réalité visible à la vision surnaturelle qu’incarnent les Mages en se prosternant devant l’Enfant. Saint Hilaire explique ainsi le sens de leurs trois cadeaux:

«L’offrande des présents a exprimé l’être du Christ dans toute sa signification, en reconnaissant le roi dans l’or, le Dieu dans l’encens, l’homme dans la myrrhe. Et, par la vénération des Mages, se réalise pleinement la connaissance de l’ensemble du Mystère, de la mort chez l’homme, de la résurrection chez Dieu, du pouvoir de juger chez le roi.»[10]

La foi est donc la réponse de l’homme à ce Dieu caché qui se révèle: Il donne à tous la possibilité de le trouver réellement, à travers tant de signes cachés ou manifestes. Prions donc pour obtenir le don de la foi, pour l’entretenir et le faire grandir. Nous pouvons reprendre, pour cela, cette belle prière de saint Jean-Paul II à Marie:

«À toi, Mère des hommes et des nations, en toute confiance, nous remettons l’humanité entière, avec ses craintes et ses espoirs. Veille à ce que la lumière de la vraie sagesse ne lui fasse pas défaut. Guide-la dans la recherche de la liberté et de la justice pour tous. Conduis ses pas sur le chemin de la paix. Fais que tous et chacun trouvent le Christ, lui, le chemin, la vérité et la vie. Soutiens, ô Vierge Marie, notre marche dans la foi, et obtiens-nous la grâce du salut éternel. Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Mère de Dieu et notre Mère, ô Marie!»[11]

Les signes qui nous indiquent Jésus

Mais comment Jésus se manifeste-t-il aujourd’hui? Où le trouver, où le montrer, comment le transmettre à nos frères? Isaïe, dans le texte de ce jour, nous donne alors ce conseil: «Lève les yeux, regarde!» (Is 60,3).

Pour recevoir pleinement la manifestation de Jésus, il faut donc éduquer notre regard. Devenir un veilleur qui attend l’aurore en scrutant les cieux. Comme un amoureux qui est sensible à tous les signes que lui adresse sa bien-aimée, nous découvrons alors la présence du Dieu caché.

Une première étoile qui nous guide vers Dieu est la méditation de sa Parole. Matthieu insiste pour montrer que la naissance de Jésus est l'accomplissement des prophéties: Bethléem est le lieu indiqué par Michée, et l'épisode des Mages accomplit l'oracle d'Isaïe de la première lecture. De fait, toute l’Écriture parle du Christ. Nous pouvons reprendre notre Bible et relire, par exemple, l’histoire de ces grandes préfigurations du Christ que furent Joseph, fils de Jacob, ou Moïse. Relire aussi Isaïe et les chants du Serviteur souffrant[12]. Laissons le souffle puissant de ces textes inspirés nous imprégner; émerveillons-nous de la continuité de l’œuvre de Dieu et de sa pédagogie.

Prenons le temps de nous retirer et de faire silence chaque jour. Descendons en nous-mêmes où Dieu habite, et parlons-lui. Nous éprouverons peu à peu sa présence. Notre monde est imperméable à la foi parce qu’il ne sait pas faire silence et trouver le calme sans lesquels Dieu ne peut absolument pas parler. Souvenons-nous de l’expérience d’Elie dans sa caverne (1R 19), lorsque Dieu se manifeste non dans le vacarme, mais dans le murmure d’une brise légère.

Prenons aussi le temps de redécouvrir la beauté de la nature et des êtres qui nous entourent. En fin de journée, arrêtons-nous pour voir comment Dieu s’est manifesté à nous: par quel frère, par quelle parole, par quel événement. Nous pourrons alors dire comme Jacob: «Le Seigneur est là et moi, je ne le savais pas!» (Gn 28, 16). Plus nous nous exercerons à cela, plus nous verrons concrètement la présence de Dieu et nous le reconnaîtrons au cœur même de nos journées.

En parcourant les lectures de la messe de ce jour, nous découvrons également l’importance du mystère de l’Église. Isaïe a centré sa prophétie sur Jérusalem, qui est une figure de l’Église: il suffit d’avoir assisté à une grande cérémonie sur la place saint Pierre à Rome pour voir vivre cette Cité sainte vers laquelle les fils reviennent de loin: combien de langues y sont parlées! Elle se tient au milieu de l’obscurité qui recouvre la terre – l’indifférence et la violence de ce monde – mais avec la gloire du Seigneur qui brille sur elle, par la beauté de la liturgie. C’est, en effet, par l’Église que se réalise pleinement la royauté universelle du Christ entrevue par le Psaume 72: lorsque les peuples se convertissent au culte de Jésus, «tous les rois se prosternent devant lui et tous les pays le servent»; par ses œuvres de miséricorde, «il délivre le pauvre qui appelle, et le malheureux sans recours».

En nous unissant à la célébration eucharistique, nous écoutons l’annonce de la Bonne Nouvelle. Nous trouvons Jésus dans l’Église et nous le contemplons avec amour, caché dans les espèces eucharistiques comme il l’était à Bethléem. Nous lui offrons l’hommage de notre adoration. Bien plus: nous pouvons l’offrir lui-même au Père dans le sacrifice de la messe, comme l’exprime la liturgie:

«Regarde avec bonté, Seigneur, les dons de ton Église qui ne t’offre plus ni l’or, ni l’encens, ni la myrrhe, mais celui que ces présents révélaient, qui s’immole et se donne en nourriture: Jésus, le Christ, notre Seigneur. Lui qui règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit pour les siècles des siècles.»[13]

Encore une autre étoile: le sacrement du pardon. Qui n’a pas éprouvé cette grande joie paisible après le passage de la miséricorde de Dieu?

Toutes ces manifestations de Jésus transforment peu à peu notre âme. Nous avons reçu sa vie divine par le baptême, au sein de l’Église, et les ténèbres du péché ont été vaincues par la splendeur de sa grâce. Nos yeux se sont ouverts aux beautés de la Création, comme autant d’étoiles qui désignent leur auteur. La lumière de sa Parole nous accompagne et nous montre le chemin vers le Père. Ce chemin est un pèlerinage que nous effectuons en compagnie de tous les saints, issus de toutes les nations, au long de l’histoire de l’Église. Et lorsque nous adorons Jésus présent dans l’Eucharistie, nous levons notre regard vers le Soleil qui resplendit depuis sa Résurrection: Il nous attire vers cette contemplation sans fin qui sera notre joie parfaite au paradis. C’est le mystère de l’Épiphanie qui se déploie dans nos vies, comme l’exprime dom Columba Marmion, ce grand bénédictin promoteur du Mouvement liturgique:

«Heureuse l’âme qui vit de foi et d’amour! Il se produira en elle une manifestation toujours nouvelle et toujours plus profonde du Christ Jésus; le Christ la fera entrer dans une compréhension toujours plus intime de ses mystères.»[14]

C’est ainsi que le mystère de l’Épiphanie nous invite à voir, à travers les apparences de ce monde, dans notre histoire personnelle et notre situation actuelle, les signes de la présence de Dieu dans nos vies; à percevoir ces innombrables étoiles que Dieu nous envoie pour nous signaler la présence cachée de son Fils; à nous mettre en route vers l’adoration sans fin que nous pourrons lui offrir dans le Ciel. Écoutons pour cela l’exhortation finale de ce grand pasteur que fut saint Léon:

«Mes bien-aimés, élevez donc vos esprits, animés par la foi, vers la grâce étincelante de la lumière éternelle, vénérez des mystères qui ont acheté le salut du genre humain, dirigez vos actions selon ce qui a été accompli pour vous. […] Apprenez à goûter les réalités d’en haut, et non celles de la terre (Col 3,2) ; progressez constamment dans la voie de la vérité et de la vie; que les soucis terrestres ne vous arrêtent pas, puisque les biens célestes vous sont préparés par notre Seigneur Jésus Christ qui, avec le Père et l’Esprit Saint vit et règne dans les siècles des siècles. Amen.»[15]


[1] Hymne A solis ortu cardine, d’un poème de Sedulius (+450). Voir la strophe: «Ibant magi, qua venerant / stellam sequentes praeviam, / lumen requirunt lumine, /deum fatentur munere.» (Les Mages allaient, suivant l’étoile qui les précédait à cet endroit, ils cherchent la Lumière par une lumière, ils proclament Dieu par leur offrande). Pour le texte complet, voir ici.

[2] Catéchisme, nº27.

[4] Cardinal Ratzinger, La grâce de Noël, Parole et Silence 2011.

[5] Pape François, Homélie, 6 janvier 2014.

[6] Saint Padre Pio de Pietralcina, Prière après la communion, dans B. Peyrous – C. Loyer, Prières pour cheminer dans la vie spirituelle, Emmanuel 2008, p. 28. Disponible ici .

[7] Pascal, 4º lettre à mademoiselle de Roannez, Pléiade p. 30. Il continuait ainsi sa réflexion: «Cet étrange secret, dans lequel Dieu s’est retiré, impénétrable à la vue des hommes, est une grande leçon pour nous porter à la solitude loin de la vue des hommes. Il est demeuré caché, sous le voile de la nature qui nous le couvre, jusques à l’Incarnation ; et quand il a fallu qu’il ait paru, il s’est encore plus caché en se couvrant de l’humanité. Il était bien plus reconnaissable quand il était invisible, que non pas quand il s’est rendu visible. Et enfin, quand il a voulu accomplir la promesse qu’il fit à ses apôtres de demeurer avec les hommes jusqu’à son dernier avènement, il a choisi d’y demeurer dans le plus étrange et le plus obscur secret de tous, qui sont les espèces de l’Eucharistie. C’est ce sacrement que saint Jean appelle dans l’Apocalypse une manne cachée; et je crois qu’Isaïe le voyait en cet état lorsqu’il dit en esprit de prophétie : Véritablement tu es un Dieu caché

[9] Saint Léon le Grand, Premier sermon pour l’épiphanie du Seigneur (SC 22, p. 189). Voir tout le passage : « Le genre humain tout entier était intéressé à ce que l’enfance du Médiateur de Dieu et des hommes fût révélée à l’univers dès les temps où il était encore caché dans une bourgade ignorée. Sans doute avait-il choisi le peuple d’Israël et, dans ce peuple, une famille, pour y prendre la nature commune à toute l’humanité ; cependant il ne voulut pas borner aux étroites limites de la maison maternelle les prémices de son avènement ; il voulut aussitôt se faire connaître à tous, lui, qui daignait naître pour tous. Trois mages des pays de l’Orient voient apparaître une étoile d’une clarté nouvelle plus brillante, plus belle que les autres astres, elle attire aisément les regards et captive les cœurs de ceux qui l’observent ; ils comprennent d’emblée qu’une chose si extraordinaire n’est pas sans portée. Celui qui suscite ce signe en donne l’intelligence à ceux qui le voient ; ce qu’il leur fait comprendre, il les fait chercher, et il les fait chercher pour se laisser trouver. »

[10] Saint Hilaire, In Matthaeum, chapitre 1 nº5, SC254, p. 99.

[11] Saint Jean-Paul II, Prière pour l’année mariale, dans B. Peyrous – C. Loyer, Prières pour cheminer dans la vie spirituelle, Emmanuel 2008, p. 61-62. Disponible ici.

[12] Is 42,1-4 ; 49,1-6 ; 50,4-9 ; 52,13-53,12. Consulter par exemple ce commentaire assez simple.

[13] Prière sur les offrandes de la messe de l’Epiphanie.

[14] Dom Columba Marmion, le Christ dans ses mystères, Maredsous, p. 165. Voir tout le passage: «L’Épiphanie se continue aussi dans l’âme fidèle quand son amour devient plus fervent et plus stable. La fidélité aux inspirations de la grâce - c’est Notre Seigneur lui-même qui nous le dit - devient la source d’une illumination plus vive et plus éclatante: Qui diligit me… manifestabo ei meipsum [celui qui m’aime… je me manifesterai à lui, Jn 14,21]. Heureuse l’âme qui vit de foi et d’amour ! Il se produira en elle une manifestation toujours nouvelle et toujours plus profonde du Christ Jésus ; le Christ la fera entrer dans une compréhension toujours plus intime de ses mystères. L’Écriture sainte compare la vie du juste à une ‘voie lumineuse qui va de clarté en clarté’ (Pr 4,18), jusqu’au jour où tous les voiles tombent, où toutes les ombres s’évanouissent, où apparaissent, dans la lumière de la gloire, les splendeurs éternelles de la divinité. Là, dit saint Jean, dans son livre si mystérieux de l’Apocalypse où il nous décrit les magnificences de la Jérusalem d’en haut, là il n’est pas besoin de lumière, parce que l’Agneau, c’est-à-dire le Christ, est lui-même la lumière qui éclaire et réjouit les âmes de tous les élus (Ap 21,23; 22,5). Ce sera l’Épiphanie céleste.»

[15] Saint Léon le Grand, Premier sermon pour l’épiphanie du Seigneur (SC 22, pp. 193-195).