Lectio Divina

Dimanche IV de Carême - Année B

Dieu a tellement aimé le monde…

Jérusalem, la nuit: à l’ombre du Temple, un docteur de la Loi vient discrètement consulter Jésus. Il s’appelle Nicodème, et voudrait établir une simple conversation rabbinique. Mais il se trouve, en quelques instants, plongé dans le mystère insondable de la Croix, ce «serpent de bronze» que Moïse avait façonné dans le désert et dont Jésus vient dévoiler la signification profonde: «il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle» (Jn 3).

Quelques siècles auparavant, le peuple d’Israël avait déjà vécu une anticipation de ce mystère d’humiliation-exaltation: l’exil à Babylone, que le livre des Chroniques nous présente comme un châtiment divin, devenu occasion de Salut dont le roi Cyrus est l’instrument (2Ch 36).

À l’écoute de la Parole

Comment Nicodème a-t-il reçu le message si profond du charpentier de Nazareth ? Comment le recevons-nous aujourd’hui? Un cheminement est nécessaire pour que Nicodème accueille la foi dans le Christ: il doit être confronté, comme nous, au mystère du mal dans l’histoire et dans nos vies. Jésus est fin pédagogue: il a semé dans l’âme de Nicodème des paroles qui germeront progressivement et le conduiront, à la fin de l’évangile, à rendre au Crucifié un ultime hommage. Le mal que nous constatons dans le monde est ainsi une invitation à nous unir à lui.

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Méditation: de la perplexité à la vie éternelle

Nous allons suivre Nicodème et passer, comme lui, de la perplexité à la confiance: perplexité d’un mystère qui nous dépasse, confiance en Dieu qui nous offre la vie éternelle.

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Pour aller plus loin

«Tout homme qui fait le mal déteste la lumière», nous dit Jésus: reconnaissons que bien souvent nous sommes cet homme-là. Devant le don d’Amour de la Croix, et pour recevoir la grâce qui nous sauve, le sacrement de la réconciliation est un moment incontournable pour le carême. L’ai-je reçu récemment? Vais-le le recevoir avant Pâques? Commentant les textes de la liturgie, le pape Benoît nous y invitait:

«Parfois, l’homme aime davantage les ténèbres que la lumière, parce qu’il est lié à ses péchés. Mais ce n’est qu’en s’ouvrant à la lumière, et en confessant sincèrement ses fautes à Dieu, que l’on trouve la vraie paix et la vraie joie. Il est alors important de s’approcher avec régularité du sacrement de la pénitence, en particulier durant le carême, pour recevoir le pardon du Seigneur et accentuer notre chemin de conversion.»[1]