Lectio Divina

Troisième dimanche du Carême - Année B

« Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ! »
Jn 2, 16

« Sainte Colère » : c’est ainsi qu’est qualifié traditionnellement le comportement de Jésus dans l’évangile proclamé ce dimanche. Nous avons de quoi être déroutés. À Jérusalem, Jésus, loin de chercher à ménager le pouvoir en place, le dénonce. Pire : il se comporte comme un révolutionnaire, diraient certains, mais en réalité comme les prophètes les plus véhéments de l’Ancien Testament, en expulsant les marchands du Temple (Jn 2). Jean place cet épisode au début du ministère de Jésus, contrairement aux synoptiques qui le situent juste avant la Passion. Quelle que soit la chronologie réelle, Jean souhaite marquer combien la purification des cœurs et le souci de rendre parfaitement gloire au Père sont au cœur de la mission rédemptrice de Jésus.

Plus grave encore : Jésus prétend mystérieusement pouvoir « relever le Temple en trois jours », des paroles qui semblent folles et qui lui seront reprochées lors de son procès, mais qui s’éclaireront avec la Passion et la Résurrection. Saint Paul nous l’explique en deuxième lecture : « un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes » (1 Co 1).

À l’écoute de la Parole

Au cours des trois derniers dimanches de Carême, la liturgie interrompt temporairement l’évangile de l’année, afin d’intensifier l’effort de préparation à Pâques. Elle nous propose une série de scènes tirées pour l’essentiel de l’évangile de Jean. Ce microcycle est conçu comme une initiation baptismale, surtout pendant l’année A (la Samaritaine, l’aveugle-né, Lazare) tandis que l’année C met l’accent sur la conversion (le fils prodigue et la femme adultère).

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Méditation

La réponse de Jésus aux Juifs qui l’interpellent dans le Temple, eux-mêmes dérangés par son geste subversif et prophétique, mérite qu’on s’y arrête : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai ! » (Jn 2, 19.) Cette parole est incompréhensible pour les auditeurs, mais nous fournit trois points de méditation : elle provient d’une sagesse supérieure (1). Elle nous introduit dans le mystère du Christ, dont le Corps est l’Église (2). Enfin, elle nous ouvre un chemin de conversion personnelle pour ce Carême (3).

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